La publication de « l’Index de l’égalité femmes-hommes » en janvier dernier commencerait-elle à porter ses fruits ? A suivre. En tout cas, pour les managers, grands capitaines d’industrie et autres patrons du cac40, les actions menées pour atteindre la Parité sont autant d’arguments porteurs au moment de recruter.

Parité et « index de l’égalité »

Publié au Journal Officiel le 9 janvier dernier, le décret n°2019-15 porte sur « l’index de l’égalité femmes-hommes ». Chaque année, les entreprises de plus de cinquante salariés doivent répondre aux cinq indicateurs participant à la parité femmes-hommes en matière de rémunération. A savoir :

  • Ecart de rémunération femmes-hommes
  • Ecart de répartition des augmentations individuelles
  • Nombre de salariées augmentées à leur retour de congé maternité
  • Nombre de personnes du sexe sous-représenté parmi les 10 plus hautes rémunérations
  • Ecart de répartition des promotions, pour les entreprises de plus de 250 salariés seulement

Un outil pensé pour renforcer l’article L1132-1 (« à travail égal, salaire égal » du Code du Travail).

Les bonnes surprises

Loin des décisions poudre aux yeux, de nombreux employeurs fournissent déjà ces données. Elles sont consultables dans les bases de données économiques et sociales des entreprises (BDES).

Quelques grands groupes, pionniers en matière de parité, axent leurs politiques de recrutement en s’appuyant sur cette force. Comme Accenture, qui s’est positionné dès 2004 avec, notamment, la création du programme « Accent sur Elles« . Ou le Groupe Total qui, dans sa communication sur la diversité, la mixité et la parité, met en avant les initiatives présentes depuis des années (comme Twice, le réseau des Femmes de Total, qui a mis en place il y a dix ans du « mentoring » ou des « petits-déjeuners témoignages »  – une idée qui ne peut que plaire à Zenipunchy !). Les bonnes idées, bons élèves, initiatives percutantes et sujets généraux sont à lire dans Eve programme, un blog de référence en matière d’égalité professionnelle.

Côté chiffres, on est loin du compte !

En 2018, dans le monde, le taux d’emploi des femmes était de 49 % contre 76 % chez les hommes (chiffre du Fonds Monétaire International).

On doit à la féministe Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter Les Glorieuses des chiffres plus que parlants :

  • #7novembre16h34 (# lancé en 2016 indiquant le jour où les femmes commencent à travailler gratuitement)
  • en 2015 les femmes gagnaient 15,8 % de moins que les hommes

Autre chiffre percutant : le PIB Mondial pourrait augmenter de 3,9 % avec une plus grande égalité entre les femmes et les hommes au travail. (infographie à voir sur  Novethic).

Quelles mesures pourraient-être plus incitatives ?

La chercheuse Hélène Lee-Gosselin (Université Laval, Québec, Institut Femmes, Sociétés, Egalité et Equité), défend depuis longtemps l’idée de quotas et de mesures de discrimination positive pour faire évoluer les mentalités. Une ligne de conduite adoptée par 82 femmes de l’industrie du Cinéma au Festival de Cannes en 2018. Partant du constat que, depuis 1946, pour 1688 hommes retenus en compétition pour la Palme d’or, il n’y avait eu que…82 femmes. Et une seule palme, ex-aequo avec un homme (Jane Campion). Leur collectif 50/50/2020 a de quoi faire pour parvenir à la parité !

Enseigner l’égalité femmes-hommes s’apprend dès le plus jeune âge. L’exposition comme celle de l’Exploradrôme de Vitry « Super Egaux« , le pouvoir de l’égalité filles-garçons devrait se multiplier partout dans l’hexagone.

Pour vous tenir au courant, vous pouvez vous abonner à quelques newsletters, dont celle de Rebecca Amsellem (les Glorieuses, et Les Petites Glo pour les plus jeunes). Ou suivre Marie Donzel, une pionnière dans le domaine de la réflexion sur la parité.